Amélioration des pratiques du soin

Amélioration des pratiques du soin

Le FHU VasCog a pour mission principale de promouvoir une meilleure prise en charge des troubles cognitifs des patients confrontés aux accidents vasculaires cérébraux mais aussi aux maladies métaboliques chroniques pouvant impacter la cognition. Cela passe par le développement et la validation de nouveaux outils et de meilleures pratiques cliniques  mais aussi par la promotion de la recherche clinique et l’établissement de cohortes de patients.

Troubles cognitifs liés aux accidents vasculaires cérébraux (AVC)

  • Afin d’améliorer la prédiction des troubles cognitifs post-AVC, un nouvel outil IRM appelé Radiomics (breveté) a été développé et plusieurs marqueurs biologiques ont été identifiés en collaboration avec Firalix SA. La combinaison des deux a permis la prédiction rétrospective du développement de troubles cognitifs avec un indice de 0.95 (validation prospective en cours) ;
  • D’autres indicateurs symptomatiques tels que la fatigue et l’anxiété du patient ont également été identifiés dans un contexte de troubles cognitifs associés à l’AVC. Ces symptômes sont maintenant prise en compte dans la prise en charge des patients avec AVC afin de décroitre le fardeau symptomatique (Ponchel et al, 2016 and 2017) ;
  • Comme il a été démontré que la prévention secondaire diminuait les troubles cognitifs post-AVC, l’essai clinique multi-centre CEOPS est actuellement en cours pour évaluer l’impact de l’implication d’un(e) infirmier(ère) réfèrent(e) et d’un proche-aidant du patient dans une approche multimodale et paramédicale à long terme des facteurs de risque post AVC (15 centres français impliqués, 290 patients (sur 410 prévus) inclus (Mendyk et al. 2017) ;
  • Afin de limiter les lésions du cerveau qui contribuent aux troubles cognitifs, une optimisation de la technique de recanalisation par thrombolyse pharmacologique et plus récemment par thrombectomie a été développée puisque la recanalisation vasculaire est l’étape la plus critique durant le traitement en phase aigüe d’un AVC
  • Dans le contexte u projet ClinMine (supporté par l’ARS) et en partenariat avec l’INRIA et la société ALICANTE, un outil bioinformatique a été développé afin d’améliorer la stratification des patients en se basant sur les données hospitalières (données démographique, symptômes cliniques et évolution, informations biologiques et génétiques, paramètres physiologiques et d’imagerie). Cet outil permettra de regrouper de façon plus pertinente les patients et de mieux personnaliser leurs traitements (Dhaenens et al, 2017)

Populations à haut risque de troubles cognitifs: les patients diabétiques

  • Afin de tester la pertinence d’une prise en charge spécifique en collaboration entre le service de diabetology et le Centre Mémoire du CHU de Lille, la fréquence des troubles cognitifs chez les patients diabétiques et le profil de ces patients ont été étudiés. De novembre 2015 à mars 2016, une étude prospective (Pr Vambergue, Dr Bombois) a été conduite pour évaluer les fonctions cognitives globales de 191 patients diabétiques en utilisant le test MOCA (Montréal Cognitive Assessment). Les résultats ont montrés que 35% des patients avaient des désordres cognitifs avec un score MoCA inférieur à 26. Ces patients étaient plus âgés et avaient des comorbidités plus lourdes incluant un historique d’AVC (Papier soumis). Ces résultats ont des répercussions immédiates sur la prise en charge de ces patients puisque l’analyse systématique de la cognition des patients a permis une détection précoce des troubles cognitifs et une adaptation des traitements anti-diabète dans cette population à haut risque de mauvaise régulation du diabète. Cette étude a permis une collaboration étroite des diabétologues et spécialistes du centre mémoire et une réorganisation générale de la prise en charge des patients diabétiques au CHU de Lille est en cours. De plus une seconde cohorte de patients diabétiques (étude DiaboloCog) est en cours d’étude afin de caractériser les voies physiopathologiques des troubles cognitifs en utilisant une approche multimodale basée sur des évaluations cognitives, des échantillonnages biologiques, de l’imagerie, des électroencéphalogrammes et des biomarqueurs des maladies neurodégénératifs ( Pr Vambergue, financé par le FHU)

Malgré une détection de désordres cognitifs, plus d’un tiers des patients ne se sont pas déplacés à la consultation au Centre Mémoire. Les raisons possibles de cette désaffection sont une forte sévérité des troubles, l’âge avancé et des comorbidités sévères des patients ainsi qu’une saturation en termes de nombre de visites médicales et un manque d’information sur les objectifs de cette consultation mémoire. La mise en place d’une consultation mémoire au sein même du département de diabétologie est actuellement considérée et des livrets d’information, des programmes de communication et d’éducation thérapeutique sont planifiés.

Il est également à noter que le nombre de patients adressé vers le Centre Mémoire a diminué une fois l’étude terminée. Ce fait démontre l’urgence de mieux communiquer vers les médecins sur les troubles cognitifs comme complication commune du diabète et sur l’intérêt d’une évaluation cognitive systématique du patient diabétique. Les diabétologues et médecins généralistes doivent être mieux informés sur cette complication et sur les moyens de la détecter. Ces résultats font partie intégrante de la formation AUEC VASCOG via e-learning qui est en cours de développement.

  • Afin de mieux dépister les patients diabétiques ayant des désordres cognitifs, nous avons proposé de détecter les troubles avant toute visite médicales en utilisant une version abrégés du test MoCA (MoCA-5min) administrable par téléphone. L’utilisation clinique de ce test en français nécessite auparavant une adaptation et une validation. L’étude dirigée par le Pr K Dujardin et e Pr D Deplanque, est en cours de recrutement (projet financé par le FHU VASCOG)
  • Un projet se focalise également sur deux populations rare de patients diabétiques ayant un risqué de développer des Troubles cognitifs: patients diabétiques de type 1 ayant reçu une greffe de îlots de Langerhans  (30 patients référés par le  Pr Vanthyghem depuis Oct2015) et des patients atteints de dystrophie myotonic de type 1 avec un fort risque de diabète (Dr C Tard, 18 patients inclus, projet Du FHU VasCog)
  • Une étude “preuve de concept” a également été soutenue afin de tester une thérapie non-médicamenteuse (Flavanol du Cacao et exercice physique) sur des patients diabétiques de type 1 avec un risques à long terme de troubles cognitifs (Dr Heyman, projet financé par le FHU VasCog).

Populations à haut risque de déficits cognitifs: patients ayant une maladie des petits vaisseaux

  • Une filière de soin coordonnée pour les patients souffrants de lésions vasculaires cérébrales a été organisée entre l’unité de soin neurovasculaire et le centre mémoire depuis bientôt 30 ans. Cette organisation a permis, en collaboration avec les médecins diabétologues et cardiologues, une forte visibilité nationale et internationale du CHU de Lille et a amené à une participation à de nombreux essais cliniques et cohortes de patients : PHRC Covarad, PHRC Leopold, CEOPS, A3ICH, RESTART,… En particulier, une cohorte de patients souffrant d’angiopathie amyloïde associée à des saignements lobaires et des désordres cognitifs est en cours de recrutement et a déjà permis une publication de haut niveau (Moulin et al., 2016), une participation  à un essai clinique de phase 2 (EudraCT Number: 2013-001557-27), et à l’organisation sur Lille de l’«  International Conference on Cerebral Amyloid Angiopathy » (ICAA) en septembre 2018.
  • Comme actuellement, il n’y a pas de traitements des troubles cognitifs vasculaires chroniques, l’étude Pacte-1 est en train de tester les effets d’une nouvelle stratégie thérapeutique basée sur une faible dose de methylphenidate associée à un entrainement cognitif pendant 6 semaines sur les capacités cognitives de sujets sains et de valider la persistance des effets sur 3 mois (Pr Devos, projet Vascog financé en 2018 et 2019)
  • En amont de notre projet, une revue systématique conduite par le Pr Cordonnier en collaboration avec une équipe d’Edimburg (RU) a montré que les micro-saignements peuvent être présent chez les patients contrôles mais sont plus fréquentes chez les patients ayant subis un AVC, particulièrement chez les patients ayant des maladies des petits vaisseaux ou ayant la maladie d’Alzheimer (Cordonnier et al., 2007)