AAP 2017-2

AAP 2017-2

Analyse par connectome de l’organisation du cerveau dans les désordres cognitifs à long terme après un accident vasculaire cérébral – COBALTS

Projet dirigé par le Dr Renaud Lopes (UMR s 1171, Inserm, Lille University, Lille University Hospital)

Objectifs scientifiques

Le projet COBALTS concerne l’étude des mécanismes induits par les lésions cérébrales d’un infarctus aigu et de maladies des petits vaisseaux (SVD)  sur le dévelopement d’un déclin cognitif à long terme dans une cohorte de patients sans démence, admis après leur premier accident cérébral (AVC) et suivis pendant 3 ans après AVC.

Les fonctionnalités “réseau” (connectome) déterminées par imagerie par tenseur de diffusion (DTI) seront étudiées pour déterminer la contribution des lésions cérébrales (SVD) sur la prédiction d’un déclin cognitif à long terme après un accident neurovasculaire.

Justification scientifique

Des troubles cognitifs apparaissent fréquemment chez les patients ayant subis un AVC, avec une prévalence de 20 à 80% selon les critères de diagnostic des troubles cognitifs post-AVC (post-stroke cognitive impairment (PSCI)). Les accidents ischémiques ou les vulnerabilités pré-existantes du cerveau  comme les maladies des petits vaisseaux (small vessel disease, (SVD)) contribuent au PSCI mais les mécanismes sous-jacents ne sont pas connus. Les mesures utilisées communément  pour déterminer l’impact des lésions cérébrales sur le déclin cognitif comme le volume ischémique ou le score FAZEKAS, ne sont pas bien corréler avec le déclin cognitif global du fait de la stricte organisation spatiale en réseau du cerveau. Dans ce projet, nous assumons que les déconnections spécifiques de régions cérébrales lointaines, secondaires aux lésions des tractus de la matière blanche, peuvent altérer le réseau cérébral et engendrer un déclin cognitif global à long terme.

Périmètre du projet

L’efficacité des  fonctionnalités “réseau” (connectome) obtenues par DTI sur la prédiction d’un déclin cognitif à long terme sera évaluée à partir des données cliniques et neuropsychologiques des patients ayant eu un AVC. Ainsi, plusieurs services médicaux  sont impliqués dans ce projet multidisciplinaire.

étapes:

  • DTI post-processing
  • Structural connectivity analysis
  • Evaluation of network disruption according to the importance of SVD biomarkers.

Conséquences cognitives et tissulaires des microhémorragies cérébrales disséminées

Projet mené par le Pr Vincent Berezowsky (UMR-1171)

Ce projet de recherche expérimentale a pour objectif de répondre à la question du statut de lésion silencieuse des microhémorragies cérébrales disséminées.
Il vise à tester leur capacité à induire chez la souris saine, donc sans maladie confondante, un déclin cognitif au long cours (jusqu’à 12 mois, par une approche comportementale), et/ou à induire une vulnérabilité cérébrovasculaire (par une détection histologique des marqueurs moléculaires de la souffrance cellulaire, et de la fonction régulatrice hémostatique des microvaisseaux). Comment évoluent ces microlésions et les microvaisseaux touchés permettrait de mieux comprendre un lien éventuel avec un déclin cognitif, mais aussi de mieux appréhender l’effet d’agents pharmacologiques comme les anticoagulants oraux directs, dont l’utilisation est questionnée chez les patients à risque d’accident vasculaire cérébral et présentant des microhémorragies.

Ce projet concerne exclusivement l’équipe de recherche du département de pharmacologie
médicale de l’unité Inserm U1171, qui vient de mettre au point une méthode unique d’induction de microhémorragies cérébrales disséminées chez la souris saine.
Ce projet se justifie par le caractère exploratoire et biologique de ce sujet non étudié dans la littérature expérimentale, qui nécessite de nombreux consommables, notamment pour l’étude immunohistochimique, et un accès soutenu à une plateforme d’imagerie du vivant. Répondre à cette question fondamentale en neurologie ouvrirait des perspectives d’études plus focalisées sur des cibles thérapeutiques de type disease-modifiers, ou des biomarqueurs diagnostiques.

Rôle de l’insulinorésistance dans les troubles cognitifs chez des patients atteints de dystrophies myotoniques de type 1

Projet mené par le Dr Céline Tard (CHU Lille, UMRS1171)

Objectifs :

l’objectif principal est de démontrer que chez les patients atteints de dystrophie myotonique, l’insulinorésistance est associée à une évolution plus rapide des troubles cognitifs. Les objectifs secondaires sont (i) de mieux caractériser ces troubles cognitifs et leur profil en fonction de l’apparition ou non d’un diabète (ii) d’évaluer si les mécanismes sous-tendant ces troubles cognitifs sont liés au développement d’une tauopathie.
Justification : les troubles cognitifs des formes adultes de dystrophies myotoniques sont hétérogènes. Des troubles des fonctions exécutives, des fonctions visuo-spatiales et de la théorie de l’esprit surtout sont décrits, qui peuvent évoluer jusqu’au stade de démence. Néanmoins, les patients ont des degrés très variés d’atteinte cognitive. Dans la dystrophie myotonique de type 1 (la plus fréquente), les patients ont une expansion de triplets CTG qui perturbe l’épissage alternatif d’ARNm de diverses protéines, incluant le récepteur à l’insuline et la protéine Tau. Ainsi les patients ont un sur-risque d’insulinorésistance et de diabète. Quant à l’anatomopathologie cérébrale, on a décrit des dépôts de protéine Tau et de la dégénérescence neurofibrillaire. Ils constituent donc un modèle de susceptibilité génétique à développer une Tauopathie, potentiellement aggravé par l’insulinorésistance. L’hypothèse de ce travail est basée sur le fait que les troubles cognitifs seraient plus importants (plus précoces et plus sévères) chez les patients qui ont une insulinorésistance, au sein de la population des dystrophies myotoniques. En étudiant l’évolution des troubles au sein de cette population, on aurait un modèle d’étude des interactions entre l’insulinorésistance/développement d’un diabète et le développement d’une tauopathie.

Périmètre :

Les variables d’intérêt combineront les données de l’évaluation cognitive experte, d’une IRM conventionnelle et non conventionnelle, d’une TEP avec un radiotraceur de Tau, d’une ponction lombaire pour les biomarqueurs du LCR.